D'où vient la systémique


Par Dominique Bériot

D'où vient la systémique ?

Systèmes, analyse de système, lecture systémique, approche systémique… Ces mots devenus courants mais qui demeurent mystérieux, nous laissent l'impression d'une certaine confusion. Ils ont pourtant bien en commun la notion de système. Mais d'où cela vient-il ?

Au cours des siècles, on a pu assister à un balancement dialectique entre les communautés scientifiques. Les unes promouvant la recherche de l'ensemble et de la globalité, les autres, l'analyse des éléments et la division. Mais à partir du XVIII ème siècle, la pensée scientifique dominée par le cartésianisme va empêcher l'expression des idées holistiques que l'on trouvait déjà chez Héraclite quand il insistait sur l'importance de la notion du tout, « l'holos ». La base de la pensée scientifique s'appuyait donc sur la raison, la mesure, l'analyse et se fixait comme règles la décomposition en éléments emboîtés jusqu'à l'élément le plus simple et la recherche de la cause de chaque événement. C'est bien par cette manière de penser que les découvertes scientifiques et technologiques des siècles derniers ont été faites, que s'est construite la société industrielle. Mais progressivement, les scientifiques, confrontés à la complexité et à la globalité ont ressenti le besoin d'adopter de nouvelles méthodes, voire de trouver un nouveau paradigme. La nécessité d'une compréhension systémique, qui utilise les concepts d'élément, de parties et de tout, et s'intéresse à l'étude des liens entre les parties et le tout, se fait plus pressante. C'est l'émergence de ce qu'on appelle « l'organisation ». Le monde comme système. Le vivant comme système. Les organisations comme système. Nous touchons là au vivant tel que le décrivait Goethe : « Dans toute entité vivante (…) les parties sont inséparables du tout en ce sens qu'elles ne peuvent être comprises qu'avec et comme partie du tout ».

Qui a impulsé cette nouvelle logique ?

Même si Lao –Tseu, philosophe chinois (600 av. J.C.) indiquait que « le tout est plus que la somme des parties », on reconnaît généralement le physiologiste Ludwig von Bertalanffy comme le fondateur de la science des systèmes. Après une série d'articles publiés en 1926 et 1930, il a énoncé sa "Théorie générale des systèmes" en 1947. Il en a exposé les bases fondamentales dans un ouvrage du même nom en 1973 chez Dunod. Cet ouvrage est un livre de référence pour toute personne s'intéressant à la naissance et à la compréhension de la logique systémique.

Dans un premier temps, Ludwig von Bertalanffy a introduit la notion de système considérant que pour comprendre des ensembles, il est nécessaire de connaître non seulement les éléments mais encore leurs relations et qui plus est, leurs interactions avec l'environnement. Il ouvre ainsi une nouvelle voie aux scientifiques de tout bord qui restaient dans une vision mécaniste, analytique des ensembles qu'ils observaient les considérant comme une somme d'éléments au comportement prédictible. Ces mêmes scientifiques travaillaient de manière cloisonnée, chacun dans son domaine. Or, il s'avère que des lois et des principes similaires émergent des études menées dans des domaines aussi différents que la physique, la psychanalyse, la biologie, les sciences sociales. De ce constat naît la théorie générale des systèmes qui, elle, présente un caractère universel. Elle devient une nouvelle manière de penser le tout et la totalité.

Le but de la "théorie générale des systèmes" est de formuler des principes valables pour tout système indépendamment de la nature des éléments qui le composent et des relations qui le relient", nous dit L. von Bertalanffy. S'appuyant sur les conclusions de la thermodynamique, il introduit la notion de système ouvert, par opposition aux systèmes fermés, c'est à dire un système en relation avec un environnement sur lequel il influe et dont il reçoit des influences. Il s'est également inspiré de la cybernétique pour développer le concept de rétroaction (cf. glossaire) positive ou négative. Il nous apporte à travers son ouvrage, une vision globale de la notion de système et nous amène à découvrir que les systèmes disposent de propriétés invariantes comme la finalité, l'homéostasie, l'équifinalité… Ces propriétés constituent en fait les bases fondamentales de l'Approche systémique du changement dans les systèmes à composantes humaines : familles, entreprises, associations, groupes... Elles peuvent être repérées tant au niveau macroscopique / social que microscopique / individuel en passant par les systèmes intermédiaires comme la famille ou un groupe dans une entreprise.

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2 commentaire(s)

Par hmn le 01/03/2013

Quid de Norbert Wiener et de la cybernétique ?

Par qTpTeGuYsYHnZg le 21/11/2012

tre9s bon site ! bravoun peu trop de crdiet mais les sujets sont quand meme interessants. vous devriez mettre plus d'informations sur la bourse et les banques en ligne. au revoirjean