Le Goût des Autres


Les 4 Clefs de Réussite des Teambuildings

Dans une équipe, chacun dépend peu ou prou de la façon dont ses collègues travaillent. Après le "tout individualisme" des années 90, il s'agit aujourd'hui de construire des équipes qui savent jouer les complémentarités. Pour cela, quatre clefs : partager le pouvoir, jouer sur les bons tableaux, trouver les motivateurs, être cohérent.

Ces réunions s'appellent teambuilding, convention, synergie, réunions d'équipe. Elles font partie du paysage. On s'en va un soir dans un lieu distant. Un hôtel huppé, un château ... Une auberge a la campagne ... Un petit parfum de vacances flotte sur la rencontre. Café, croissants, jus d'orange. Le lieu est sympathique ? L'animateur intéressant ? Le thème accrocheur ? On découvre quelques invités. On prend l'air faussement enjoué de ceux qui vont faire semblant de travailler. Ne pas loucher trop ostensiblement vers le golf voisin...

Lieu de délices ou de souffrance ?

Le teambuilding s'est installé dans le paysage des entreprises françaises. Et plus récemment, dans celui de quelques administrations. Essentiels pour "construire un projet de service" ou encore "faire circuler l'information". Mais c'est un exercice à géométrie variable.

"La réussite d'un teambuilding, c'est à 50% la qualité du lieu et de l'accueil" entend-on parfois. Y-a-t-il d'autres ingrédients de réussite ? L'animateur ? Est-il prestigieux ? Combien de livres a-t-il écrit (- ou du moins signé -) ? Quelles sont les multinationales qu'il est censé avoir sauvées (à mains nues) ? Est-il brillant ? Distrayant ? Amusant ? Va-t-il, à lui seul, et en deux jours, réanchanter l'équipe ?

Partager le pouvoir : Première clef de réussite

Lorsqu'il s'agit de créer un projet de service ou de réinventer l'âme d'une équipe, le rôle de l'animateur est paradoxal. Plus il est brillant, plus il y a de risques d'échec. "C'est un animateur brillant, c'est incontestable" admet par exemple un participant "mais incapable de vraiment écouter notre réalité". "Il a terriblement cassé ceux qui ne rentraient pas dans ses schémas" affirme un autre. "Avec lui, tout ce qu'on a fait, on aurait pu le lire dans un livre", regrette un troisième. "En tant qu'équipe, il ne nous a pas fait progresser ensembles".

Ne pas non plus flatter gratuitement les égo. Le patron qui a besoin de sa dose pour se remonter le moral, c'est malsain.

La première clef de réussite des teambuilding, c'est donc de partager le pouvoir entre l'équipe, le manager et l'animateur. Aucun des trois ne doit ni prendre trop de place, ni en manquer. Les temps de parole et de travail, l'importance accordée à ces trois pôles doit être soigneusement dosée. Chacun doit pouvoir alterner temps de parole, temps d'écoute, temps d'activité et moments de réceptivité.

Jouer sur les bons tableaux : Deuxième clef de réussite

Le rôle de l'animateur devrait, à vrai dire, se focaliser sur la préparation du teambuilding.

Se préparer, cela ne veut pas dire "apporter quelques ajustements mineurs à un canevas préétabli". En utilisant l'approche systémique, on va regarder les mécanismes sous-jacents de l'équipe. Quel rapport entre l'organisation actuelle et la motivation des personnes ? Quelle relation entre l'ambiance, les événements passés et les priorités du management ? Dans quelle dynamique se trouve-t-on ?

Sous les problèmes organisationnels, il y a parfois des difficultés de management. La nécessité de réviser les projets stratégiques ets parfois sous-tendue par des relations difficiles… Chaque équipe se comporte alors de façon spécifique qu'il faut comprendre.

S'adapter aux motivateurs de l'équipe : Troisième clef de réussite

Du pouvoir aux équipe, certes. Des mécanismes sous-jacents correctement identifiés, très bien. Mais cela va-t-il intéresser les participants ? Auront-ils envie de faire partie de l'équipée ? De s'impliquer dans le projet ? De se dévoiler et de prendre des risques ?

Un bon teambuilding doit “brancher”. Exit les sujets exclusivement techniques centrés sur les seules préoccupations institutionnelles. Exit les sujets "comportementaux" ou "ésotériques" qui font plaisir aux spécialistes sans pour autant provoquer d'enthousiasme dans les rangs (n.b. un teambuilding, ce n'est pas une formation à la systémique).

Alors de quoi va-t-on parler ? De quelque chose qui spontanément intéresse. Qui permettra aussi, de fil en aiguille, d'amener d'autres sujets, plus institutionnels. Et qui, last but not least, se trouve dans le domaine de compétence de l'animateur.

Veiller à la cohérence d'ensemble : Quatrième clef de réussite

Entre échec et réussite, que le frontiere peut être ténue... Une équipe qui louvoie, qui cherche le vent et ne sort jamais du marasme. Un exercice qui prend un aspect "obligé", personne ne voulant endosser le brassard d'un échec. Des gens qui parlent tout en étant conscient qu'il font semblant de parler.

La qualité du teambuilding se ressent souvent de la cohérence entre les différentes dimensions citées ci-dessus. Pour aborder une situation de crise, pas de palace luxueux ! Pour régler des problèmes relationnels, pas la peine de se perdre dans un super show. Pour aborder des problèmes techniques, faire parler des hommes de terrain plutôt qu'un Directeur trop éloigné de la pratique.

Faire venir des syndicalites BTP dans un palace pour parler économies, c'est cocasse et déplacé. Non seulement, les petits fours / jus d'orange auront l'air d'une pitance par rapport au saucisson / vin rouge dont les gens du terrain ont l'habitude. Mais il ne comprendront pas qu'on dépense des milliers sur le décor qui permettra d'économiser des millions.

Le goût des autres

Un teambuilding vraiment réussi rentre dans la légende de l'équipe… Parce que... Parce que c'était le Sahara Ou peut-être La Défense ... Parce qu'on s'est dit des choses qu'on imaginait ne jamais dire… Parce qu'il y a eu un véritable tournant… Parce que les tensions se sont dissipées… Parce qu'on a eu un véritable sentiment “d'après” et “d'avant”.

Alors c'est réunions là ont beau s'appeler, comme les autres, teambuilding, synergie, convention ou réunions d'équipe. Elles n'ont pas le même goût.

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